UrbainMajeur

réflexions sur la vie contemporaine, l'urbanité, l'éthique et le politique

20 août 2008

L’INDÉPENDANCE DU QUÉBEC? POURQUOI?

Il n’y a pas un peuple qui souhaite son indépendance sans y voir de très bonnes raisons.

Pas des raisons philosophiques comme « s’autogérer » ou « s’affirmer en tant que nation ». Sûr, ça plaît aux intellectuels, mais ça ne dit rien au monde ordinaire.

Pas, non plus, des raisons linguistiques plus ou moins claires: quand on habite Jonquière ou Cap-Chat, la menace de l’assimilation prochaine à l’anglais demeure somme toute assez théorique.

 Quant aux raisons purement culturelles, elles peuvent paraître tout aussi nébuleuses pour la plupart : Céline a beau chanter le plus souvent en anglais et aux États-Unis… allez donc dire aux gens qui vont aller l’écouter sur les Plaines dans quelques jours qu’elle n’est pas québécoise, juste pour voir.

 Pour souhaiter s’engager sur la voie de l’indépendance nationale, il faut que la plus grande majorité puisse y voir de vraies bonnes raisons : soit des problèmes impossibles à résoudre autrement, soit des projets à faire rêver qu’on ne peut mener à terme dans le cadre actuel. De toute évidence, actuellement les Québécois en voient de moins en moins.

Malheureusement, dans tous les discours des promoteurs actuels de l’indépendance du Québec, ce sont les thèmes abstraits qui reviennent. Parfaits pour être discutés entre savants universitaires, ces thèmes sont peu assimilés et mal compris par la plus grande partie de la population et, à cause de cela, deviennent de plus en plus source d’inconfort, sinon de rejet, pour une majorité croissante.

Pour donner le goût de l’indépendance, c’est simple: il faut d’abord donner envie d’un pays. Et avant d’être le sujet d’un traité de droit constitutionnel, un pays c’est un projet physique, géographique et social qui diffère grandement de tout ce qu’il est possible de faire dans la fédération.

Les visées nationalistes du Québec ont toujours été populaires quand elles s’appuyaient sur des problèmes ou des projets concrets : la conscription, l’intégrité du territoire avec la question du Labrador perdu, le problème du contrôle de notre télédiffusion avec des câblodistributeurs régis par le CRTC, la nationalisation de l’hydro-électricité et les mégaprojets comme Manicouagan et la Baie-James, la création de la régie de l’assurance-santé et de la SAAQ, le régime de rentes du Québec ou encore notre système de garderie qu’on s’empresse d’imiter ailleurs.

Mais voilà, on dirait que depuis quelques années, la source aux idées s’est tarie. On a voulu élire des gestionnaires au lieu des visionnaires. Et l’envie du pays nous passe. Ce n’est pas une coïncidence.

 

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13 août 2008

TRICHER AUX JEUX OLYMPIQUES

Des jeux "propres" avait-on promis à Pékin! Il faudra repasser. On a triché pour la cérémonie d'ouverture en présentant comme du direct ce qui était en partie du cinéma tourné d'avance. On a triché en présentant l'image d'une fillette qui faisait semblant de chanter. On a triché en promettant le libre accès à Internet pour la presse étrangère. On triche encore aujourd'hui en comblant par des bénévoles spécialement entrainés les gradins trop vides des aires de jeux.
La plus grande tromperie provient sans doute du Comité olympique lui-même qui jure que les jeux sont à la gloire de la jeunesse et du sport, alors qu'ils sont devenus, bien évidemment, une question d'argent liée aux droits de télétransmission, et de relations publiques utilisées par les grandes puissances politiques.
Pendant ce temps, des athlètes qui n'ont plus rien d'amateurs fracassent à chaque jour des records réputés imbattables, transformés en machines haute performance par des états qui utilisent des moyens indétectables pour doper les performances au profit de la propagande nationale.
L'important, disait Pierre de Coubertin, c'est de participer. Aujourd'hui, c'est plutôt de gagner, et surtout de ne pas se faire prendre.

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24 juillet 2008

André Pratte VS "Fleur-de-Lys"

Dans son éditorial paru hier dans la Presse, André Pratte, éditorialiste en chef, ridiculisait une personne qui lui avait répondu dans un texte au français très approximatif, semblable à celui que pratiquent tristement des milliers d'élèves et d'étudiants au Québec. Cette inaptitude à s'exprimer correctement par écrit est certes déplorable et constitue un handicap important pour plusieurs. Mais au lieu de rire des handicapés, peut-être vaudrait-il mieux avoir l'intelligence de comprendre qu'ils ne sont que des victimes?
Avec un peu plus de courage, et en agissant moins en "colonisé", Pratte devrait viser plus haut, attaquer le virus plutôt que le malade: aucun des trois derniers premiers ministres du Canada (Chrétien, Martin, Harper) n'a su s'exprimer parfaitement en français! De tous les ministres fédéraux actuels, rares sont ceux qui parlent convenablement le français et plusieurs ne le parlent pas du tout!
Pas plus tard que hier, le ministre fédéral de la santé Tony Clement a fait une allocution pour présenter un programme d'étiquetage visant la prévention des allergies. La partie de son allocution soi-disant en français n'était rien d'autre qu'un charabia incompréhensible et insultant pour ce qui est sensé être une des deux langues officielles de ce pays!
Sur Internet, combien de sites officiels du gouvernement canadien, payés par nos taxes et créés par des fonctionnaires "compétents", massacrent notre langue de manière aussi inélégante que "Fleur-de-Lys"?
Combien de communiqués de presse, émanant tant de Québec que d'Ottawa, sont farcis de fautes?
Combien de journaux sont mal écrits et bourrés de fautes?
Tiens, justement, lundi, dans La Presse de monsieur Pratte, une petite chronique dans la section "Nécrologie" contenait plus de quinze fautes en vingt petites lignes étroites (voir annonce du décès YCOTEde Yvon Côté, La Presse, 22 juillet 2008).
Tout ça, Pratte n'en parle pas: ce n'est pas signé "Fleur-de-Lys".

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23 juillet 2008

Nationalisme honteux

Il devient de plus en plus gênant d'être nationaliste au Québec. Et on est carrément ostracisé quand on se dit indépendantiste. De toute évidence, les manigances du politique, du commerce et des médias pour "démoniser" les Québécois revendicateurs portent fruit.
On a même vu Pierre Curzi reculer devant la pression extrême de la pensée unique qui intoxique désormais la belle province! Pourtant, ses réserves quand à la venue d'un ex-Beatle à Québec étaient parfaitement justifiées (et cela n'a, bien sûr, rien à voir avec la personne de Paul MacCartney). Mais l'esprit "chambre de commerce" a eu le dessus et a réussi à niveler, vers le bas comme toujours, la culture et le devoir de mémoire.
Le pouvoir politique, le commerce et les médias n'ont que faire d'un Québec qui se souvient. Sauf de très rares exceptions, les journalistes les plus nuancés ont déclaré forfait, et les plus engagés ont pris des vacances qui tombaient juste à point. Il n'y a plus de  critique, pas davantage de confrontation, et même pas de dialogue. Juste un long monologue, de plus en plus sinistre, aux accents anglais ponctués de signes de piastre.
Aux plus vieux, ça doit certainement rappeler la fin des années cinquante. Quant aux plus jeunes, on s'est arrangé pour que ça ne leur rappelle rien.

UrbainMajeur.canalblog.com

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19 juin 2008

"REPSPECTABLES" CRIMINELS

Juste depuis une semaine dans les médias de Montréal: des compagnies pétrolières, dont Ultramar, plaident coupable à des accusations criminelles de collusion pour fixer le prix de l'essence; la GRC porte des accusations criminelles contre trois anciens hauts dirigeant de Nortel, dont le président; et des accusations criminelles aussi contre six gestionnaires impliqués dans le scandale Norbourg; et d'autres accusations contre le fondateur de Royal Group Technologies tandis qu'on arrête pour fraude à l'égard des investisseurs deux dirigeants du groupe financiers Bear Stearns impliqué dans le scandale de prêts hypothécaires à haut risque aux États-Unis.

Ce sont juste les principales nouvelles, celles qui ont fait la manchette au cours de la dernière semaine! Et au nom de l'économie libérale, nos gouvernements hésitent à intervenir plus sévèrement. Selon nos politiciens, les entreprises peuvent s'autodiscipliner... ce que nombre d'entre elles semblent oublier de faire. À quand le prix "Lord Conrad Black" pour récompenser la personnalité d'affaires la plus malhonnête? Ce ne sont pas les candidats qui vont manquer!

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12 mai 2008

INCOMPÉTENCE ET IGNORANCE

Dans de Vieux-Montréal, rue St-Gabriel à l'angle de Notre-Dame, sur le mur ouest de l'édifice Ernest-Cormier, dans un des secteurs les plus fréquentés par les touristes et autres visiteurs voulant tâter de près la culture et l'histoire de la Nouvelle-France jusqu'à aujourd'hui, il y a une jolie plaque de bronze. Cette plaque, belle et coûteuse, est vissée dans la paroi de la bâtisse à près de trois mètres du sol, à l'abri des vandales et des voleurs. Elle porte la signature de la Commission des monuments historiques.

Sous les armoiries du Québec et sa devise "Je-Me-Souviens, on peut y lire ce qui suit: "Ici s'élevait la maison de Simon Fraser, agent de la Compagnie du Nord-Ouest en 1808, découvreur de la maison qui porte son nom en Colombie-Britannique (...)".


PLAQUE

(photo J. Desautels)

Cela fait quelques années que la plaque est là. Conçue et créée par une commission d'experts, fondue et fixée à la demande de ceux-ci, elle a été lue, relue, révisée, et approuvée par 10, 20 ou 30 soi-disant spécialistes de notre passé ...Et personne n'a remarqué l'erreur. Elle est pourtant là, aussi énorme qu'évidente. Et elle doit avoir fait sourire bien des visiteurs qui, guide touristique mieux documenté en main, on su voir la bourde. "...découvreur de la maison qui porte son nom... - Dis-donc, Irma, c'est un cottage ou un bungalow qu'il a découvert, l'explorateur?"

Simon Fraser, commerçant de fourrures, n'a jamais découvert de maison en Colombie-Britannique. Il a plutôt exploré le majestueux fleuve Fraser, qui coule sur 1400 km, depuis sa source près du mont Robson jusqu'au Pacifique près de Vancouver.

À force de vouloir occulter notre histoire, même nos experts finissent par l'oublier.


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10 mai 2008

QUÉBEC: AGIR VITE ET FORT

Il est minuit moins une pour le Québec. Les affronts qu’on fait subir actuellement au peuple québécois se multiplient. Leur fréquence et leur intensité s’accroissent à un rythme quasi exponentiel. Et pendant ce temps chez les indépendantistes?  …Rien. Nos intellectuels sont muets : les plus vieux muselés par les contrats et les subventions qui les lient à l’état, les plus jeunes par l’espoir d’en obtenir. « On ne mord pas la main qui nous nourrit ».

Nos élus indépendantistes, tous, se taisent, chacun tellement imbu de son petit pouvoir qu’il ne se rend pas compte que son égocentrisme est en train de priver tout un peuple de ses aspirations légitimes. Parti Québécois, Québec Solidaire, Parti Indépendantiste, et même par moment l’Action démocratique… au rythme où on va, il y aura bientôt au Québec autant de partis indépendantistes que de supporteurs de cette cause! Et un seul parti fédéraliste, dont la force tient essentiellement à la faiblesse de ses adversaires.

Les fédéralistes ont compris, eux, ce qui semble encore échapper aux indépendantistes : pour gagner une guerre, il faut faire des alliances. Une fois la victoire acquise, on peut se partager le butin, mais pas avant. N’aura-t-on rien appris des stratégies fédéralistes de 1995? Et dire que notre devise est « Je me souviens » …c’est triste à en brailler.

Il nous faut surmonter ces obstacles qui nous divisent, aussi importants soient-ils, et se rallier autour d’une idée, une seule : l’indépendance. Une fois celle-ci acquise, nous aurons tout le loisir de défendre, chacun pour soi, âprement et même méchamment, notre vision idéale de ce pays qui, au moins, nous appartiendra alors pour vrai.

Et il nous faut agir vite et fort, sinon, à ce rythme, c’est très bientôt que la conquête s’achèvera dans une assimilation totale, à moins que nos têtes les plus chaudes ne se réveillent et fassent reculer le débat de quarante ans, le ramenant dans la rue, à grands coups d’éclat dans un possible prélude aux plus inquiétants dérapages.

 

 

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16 avril 2008

Les diplômes québécois ne valent pas cher

Quand on ne veut pas payer nos diplômés…

 

La Presse a publié ces jours-ci une série d’articles sur la valeur des programmes et des diplômes des universités québécoises. Beaucoup d’opinions, dans ces articles, somme toute assez peu étayés du point de vue des faits. Le genre d’articles qui peut faire beaucoup de tort et qui ne propose rien de constructif. Son effet le plus marquant : contribuer activement à l’auto-flagellation coutumière du Québécois en le discréditant un peu plus, comme si c’était nécessaire, à ses propres yeux.

 

Dans la foulée du rapport Parent et de la réforme de notre système d’éducation avec la Révolution Tranquille, l’accès aux études supérieures s’est grandement démocratisé au Québec. Exit les collèges classiques coûteux, accessibles surtout à l’élite économique, et bonjour les polyvalentes, les collèges publics, tous gratuits, et les réseaux universitaires s’étendant jusqu’en région. Bien sûr, cette démocratisation n’a été possible qu’en rendant les programmes plus accessibles, en particulier à toute une population issues de générations qui ne baignaient pas vraiment pas dans la culture et la connaissance…

 

Désormais, l’université accueillait surtout des gens dont les parents, ni médecins, ni avocats, ne fréquentaient pas l’opéra et n’avaient pas visité l’Europe… La connaissance et la culture, souvent héritée en grande partie des parents, ne faisait plus toujours partie du patrimoine de ces nouveaux étudiants ! Moins riches à tous points de vue, ces nouvelles cohortes devaient aussi travailler en étudiant, pour suppléer à un programmes de prêts et bourses qui s’est appauvri au fil des demandes des nouveaux arrivants : les frais de scolarité ont beau être nuls ou peu élevés, mais le prix du Kraft Dinner continue, lui, de grimper!

 

L’université d’ici s’est adaptée, comme elle l’a fait un peu partout ailleurs sur la planète, afin d’accommoder cette nouvelle génération. Elle a du affronter les mêmes écueils qu’ailleurs : omniprésence de la culture de l’image, dépréciations des savoirs absolus, effritement des grands discours, influence grandissante de la culture populaire et pressions croissantes pour instrumentaliser la formation en fonction des besoins d’une économie axée sur la production et la consommation.

 

Dans cette foulée, les champs d’études se sont multipliés, et les diplômes aussi. Valent-ils moins qu’avant? Constatons tout de même que les compétences des Québécois dans presque tous les domaines se sont décuplées depuis cinquante ans. Même si on peut déplorer bien des faiblesses, il n’en reste pas moins que bien peu d’étudiants sortent des cegeps sans avoir fait connaissance avec Platon ou Aristote, et que tous ont des compétences en communication qui auraient fait rougir la plupart de leurs ancêtres. Sur la scène internationale, la valeur de nos diplômes est reconnue et réputée, dans à peu près tous les domaines.

 

Les journalistes signant les articles de La Presse ont trouvé intéressant, pour les besoins de la caricature sans doute, de dire que nos enseignantes peuvent réussir un cours en faisant des maquettes en carton d’une classe de maternelle.  On peut aussi penser que l’éducation primaire et secondaire connaîtrait moins de problème si on faisait davantage confiance à ces diplômées qui ont aussi un solide bagage en psychologie, en pédagogie et en gestion de classe, au lieu de remettre les décisions de cette nature entre les mains des parents, dans un de ces élans clientélistes dont nos gouvernements raffolent. Mais reconnaître la compétence suppose qu’ il faut la payer! Voilà une conséquence qu’on a du mal, collectivement, à accepter. Alors au lieu de payer les diplômés, ne vaut-il pas mieux dire, tout simplement, que les diplômes actuels ne valent pas grand’chose, à l’exclusion, curieux hasard, de ceux d’une élite qui possède une bonne partie du pouvoir économique : on n’attaque pas les diplômes de médecine, de pharmacie, ou ceux des HEC… En fait, on prend même la peine de souligner qu’ils n’appartiennent pas à la même mouvance. Bien voyons!

 

Curieuse coïncidence : alors que des statistiques sont venues dernièrement souligner que la croissance économique importante des dernières années ne s’était pas traduite par une croissance équivalente des salaires, voilà cette série d’articles qui vient tout d’un coup dévaluer la valeur des diplômés Québécois. Que cherche-t-on à justifier, ou à excuser? Quand on veut tuer son chien, ne dit-on pas qu’il a la rage?

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12 avril 2008

SÉGRÉGATION 101, ou comment enseigner le racisme, le sexisme, etc.

La firme Moving Sound Technologies vend au Canada un dispositif anti-adolescent! Pas un dispositif contre les délinquants, pas un appareil pour protéger du vol, pas un système pour prévenir le vandalisme, mais un gadget électronique dont le but est d'incommoder les adolescents au point de les faire quitter un endroit où on ne souhaite pas les voir! Le "Mosquito" est un émetteur de sons désagréables diffusés à une fréquence que captent bien les oreilles des adolescents. Employé dans des lieux où on ne souhaite pas leur présence, le "Mosquito" génère ces sons qui sont particulièrement irritables pour ces jeunes personnes, et qui les éloignent.

La journaliste Laura-Julie Perreault rapporte dans un article (Cyberpresse.ca, 12 avril 2008) que "plus de 40 personnes ont assisté à une séance d'information organisée par la Ville de Montréal, dans les locaux de l'école Jeanne-Mance. Des représentants de l'administration municipale, d'arrondissements, d'Hydro-Québec, du ministère des Transports et de commissions scolaires ont alors pu voir le Mosquito en action."

Voilà enfin réalisé le rêve de tous les fascistes: éliminer d'emblée d'un milieu quelconque, sans autre forme de procès, des individus sous le seul prétexte qu'ils appartiennent à un groupe social qui ne plaît pas à certains! N'était-ce pas justement l'idée que Hitler à développé à fond avec l'holocauste?

À quand le "Mosquito" à éloigner les Juifs? Celui pour faire fuir les noirs? L'autre pour éliminer les Musulmans? Ou encore celui pour faire taire les vieux? Ou pour soumettre les femmes? Car tant qu'à donner dans la ségrégation, pourquoi s'arrêter en si bon chemin?

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09 avril 2008

Nationalisme en déclin, assimilation en croissance

Pour la première fois depuis très longtemps, la popularité de l’option indépendantiste au Québec est tombée sous la barre des 35%. Dans cette mouvance, c’est à travers diverses décisions que le parti Québécois met en veilleuse son activisme souverainiste tandis que le Bloc Québécois laisse transpirer des interrogations sur sa pertinence. Émasculé, et sans leadership digne de ce nom, le nationalisme québécois s’éparpille dans diverses options, diluant davantage ses forces déjà affaiblies.

Au même moment, Statistique Canada nous apprend que le français recule partout au pays, y compris au Québec. Pendant ce temps, France Boucher, pourtant présidente de l’Office québécois de la langue française, affirme ne pas avoir d’état d’âme sur la situation de cette langue au Québec, tout en admettant du bout des lèvres qu’elle s’affaiblit à Montréal et dans l’Outaouais. Quant à Christine St-Pierre, ministre des communications et responsable de ce dossier, d’une insignifiance de plus en plus troublante, elle suggère aux gens qui ne peuvent se faire servir en français dans les commerces, ou se faire traiter dans cette langue dans les hôpitaux, d’aller ailleurs… Philippe Couillard, son collègue à la santé, songe de son côté à noyer l’hôpital francophone de Lachine dans le complexe hospitalier anglophone de l’université McGill.

Dans un reportage diffusé il y a quelques jours, Radio-Canada nous conviait à l’agonie de la communauté francophone de Willowbunch, en Saskatchewan, alors que ce matin on nous apprenait le refus des Comtés unis de Prescott-Russel, dans l’est ontarien, de financer, comme c’était la règle, le spectacle franco-ontarien à grand déploiement « L’Écho d’un peuple ».

Tout cela coïncide avec la rumeur persistante à l’effet que Nicolas Sarkozy s’apprêterait, avec la bénédiction du premier ministre Charest, à redéfinir le rapport politique privilégié liant la France au Québec au profit d’une amélioration de la relation avec le reste du Canada. Et avec le fait qu’une commission scolaire anglophone fasse la promotion de ses services afin d’aider les parents à contourner l’esprit de la loi s’ils souhaitent faire éduquer leur enfant en anglais. Et tandis que l’université McGill anglicise les étudiants français grâce aux subventions du gouvernement prévues justement pour promouvoir la francophonie, ailleurs, à l’université où j’enseigne par exemple, les étudiants maîtrisent de moins en moins le français et communiquent de plus en plus en anglais.

Il y a comme ça, dans l’histoire des peuples, des moments où tout semble accélérer, rapprochant d’autant un avenir que certains refusaient de voir, et que d’autres imaginaient encore assez éloigné.

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